Finances et banques

Le potentiel du secteur bancaire turc a attiré plus de 6 milliards d’USD capitaux étrangers en 2005 et le secteur doit encore croître au rythme de 8% durant la période 2005-20, avec des actifs pesant 790 millions d’USD, l’intermédiation financière étant faible, les crédits au secteur privé n’atteignant que 21% du PIB.
Finances et banques

A fin 2005, on comptait 48 banques en activité, contre 50 en 2003 dont 35 sont des banques commerciales. Les actifs totaux détenus par ces banques étaient de 296 milliards d’USD à fin décembre 2005. La part de marché des cinq plus grandes banques s'élève à un peu plus de 60%. La première d’entre elles est la banque publique de l’agriculture Ziraat Bankasi (22 milliards de dollars d’actifs).

Après la crise financière de 2000-2001, la Turquie a adopté un Programme de restructuration du secteur bancaire (BSRP) afin de promouvoir un système bancaire efficace, solide et compétitif. Ce programme a pour objectif la restructuration des banques d'État, le renforcement des banques à capitaux privés et le renforcement du cadre de réglementation et de contrôle, notamment avec la création d'une Autorité de régulation et de contrôle des banques (BRSA). La Ziraat Bank et la Halk Bank sont les deux principales banques d'Etat qui ont été restructurées et recapitalisées en 2004 en vue de leur privatisation.

Dans une deuxième étape, l’environnement juridique du secteur bancaire turc a été remanié et unifié par l’adoption de la nouvelle loi n°5387 du 1/10/2005. Les fonctions de réglementation et de surveillance des compagnies financières, des sociétés de crédit-bail, des sociétés d'affacturage et des coopératives de crédit ont été transférées à l'agence de réglementation et de surveillance du secteur bancaire (BDDK). Les exigences minimales de fonds propres pour les banques ont été relevées de 50% et les critères de gouvernance ont été durcis. La BRSA et la banque centrale ont commencé à préparer la mise en œuvre d'un nouveau cadre d'exigences de fonds propres et de ratio Cooke fondés sur les critères de Bâle II.

En vertu de la loi, toute banque opérant en Turquie doit être constituée en société anonyme et avoir un capital minimum libéré de 20 000 milliards de livres turques (environ 1,42 million d’USD). Les banques étrangères peuvent opérer en Turquie soit en établissant des succursales ou des filiales, soit en co-entreprise avec des banques existantes ou à créer. Il n'est pas possible d'avoir des activités bancaires offshore en Turquie.

D’importantes opérations de fusions acquisitions ont été réalisées en 2005-06 faisant passer la participation étrangère dans le secteur bancaire de 3,6% des actifs totaux à 13,4% en 2005. Globalement, ce mouvement devrait continuer dans les années à venir. Les petites et moyennes banques qui ont des coûts d’intermédiation plus élevés auront de plus en plus besoin de partenariats étrangers pour pouvoir augmenter leur assise financière et concurrencer les géants du secteur. Merrill Lynch a annoncé son intention d’ouvrir une banque d’investissement. Les investissements étrangers sont également attendus dans le secteur public, le gouvernement s’étant engagé vis à vis du FMI à privatiser trois banques publiques. En novembre 2005, Vakifbank a fait l’objet d’une introduction en bourse (IPO) et a levé 1,27 milliard d’USD, dont les 2/3 provenant d’investisseurs institutionnels étrangers. La Bankasi doit également cédée 30 à 40% de ses parts en 2006 par offre publique et la privatisation de la Ziraat Bank est programmée pour 2007-08.

La bourse d’Istanbul, Istanbul stock exchange (ISE), est l’une des bourses les plus importantes des pays émergents. La capitalisation boursière est passée de 26,5% du PIB en 2003 à 30,6% du PIB en 2004 et 45% du PIB en 2005 avec une valeur de 162,8 milliards d’USD. Sur le compartiment actions 304 sociétés sont cotées dont 282 sur le marché dit « national » qui regroupe les principales valeurs. Ce compartiment fait l’objet de trois indices, IMKB-100, IMKB-50 et IMKB-30.